Feeds:
Articles
Commentaires

Henry fait nerveusement tourner la carte entre ses doigts. Devant lui, la standardiste tape des informations sur son clavier, le téléphone coincé entre son oreille et son épaule, échangeant quelques mots en polonais avec son correspondant. Attendant qu’elle soit disponible, le jeune homme, qui vient tout juste d’empocher son master, observe l’immense hall dans lequel il se trouve. L’endroit est animé, des hommes en costard vont et viennent, portant mallettes et autres porte-documents. Henry n’avait pas imaginé que les locaux du CIES pouvaient être si grands. La standardiste lui lance des regards, comme si elle s’excusait de le faire attendre, et lui fait comprendre que c’est un appel important. Quelques minutes passeront encore avant qu’elle ne raccroche.

« Je suis navrée monsieur Greystone, je… commençait-elle.

– Henry, appelez moi Henry, l’interrompit-il.

– Le Directeur vous attends en salle S205, c’est au second étage B, il vous faut monter les escaliers B, elle lui montre du doigt les dits escaliers, Puis vous engager dans le couloir principal, là vous vous adresserez à Monsieur Bauer, c’est un grand homme, blond vénitien, lunettes noires, visage ayant du vécu, jean et chemise blanche, il vous attends et vous expliquera la marche à suivre. »

Sans être vraiment sûr d’avoir tout saisi, Henry remercie la standardiste et la salue avant de prendre le chemin des escaliers. Après les avoir monté, il s’engage dans le couloir en question. Là, un homme l’attends, il retire ses lunettes alors que Henry s’approche. Deux petits yeux bleus se cachaient derrière. Cet homme à un regard fuyant et plein de sens à la fois, c’était étrange, pensait Henry. Il s’approche.

« Bonjour monsieur Greystone, je suis Jack Bauer, agent de la CIES et de la CISP. Il tends sa main.

– Agent ? s’exclame Henry en lui serrant la main. CISP ?

– Oui, la Coalition Internationale pour la Sécurité Planétaire. Vous comprendrez tout très bientôt, ajoute-t-il voyant se dessiner la perplexité sur le faciès de son interlocuteur. Maintenant, veuillez me suivre. »

Henry acquiesce et suis le grand homme vers le fond du couloir, ils s’arrêtent tous deux devant le mur où est accroché un cadre contenant une photo de la terre vue de l’espace. Monsieur Bauer sort son téléphone, compose un numéro et le porte à son oreille. Il prononce quelque chose d’inaudible. C’est alors que le cadre s’enfonça dans le mur et laisse paraître un petit écran et un clavier, l’agent y tape un code, trois fois, puis place sa main sur un autre écran tactile avant qu’une porte insoupçonnable n’apparaisse alors à leur droite. Henry, bien que surpris, s’enfonce dans le nouveau couloir obscur à la suite de son guide.

Une autre porte. Puis ils débouchent dans un vaste espace ou plusieurs scientifiques vêtus de blouses vont et viennent. Tenant blocs notes, tablettes tactiles et différents cartes. L’homme du parc attends Henry, les bras-croisés au centre de l’immense pièce, sur un sol de verre. Souriant, il sert la main du jeune étudiant et le pris de l’accompagner dans la salle de réunion S205. Ils s’y installent quelques minutes plus tard.

« Bienvenue au CIES, monsieur Greystone, lui annonce la directeur adjoint tout en souriant.

– Henry, cela fera l’affaire, appelez moi Henry, murmure l’étudiant, dont l’attention est rivée vers l’activité intense qui anime la grande salle voisine, semblable à une ruche.

– Très bien Henry. Je suis content que vous soyez venu. Maintenant sachez comprendre ceci, si vous acceptez d’entendre ce que j’ai à vous dire, vous ne pourrez plus faire marche arrière, suis-je bien clair ? Son regard avait changé. Il était devenu sérieux.

– Euh… Henry se racle la gorge, et recentre son attention sur François Gardier qui ne semble pas plaisanter. Oui je vous écoute. Il avait l’impression, à cet instant exact, de faire le plus grand choix de sa vie. »

Le directeur-adjoint fait signe à Jack, ce dernier ferme la porte. En même temps, François utilise une télécommande pour faire descendre un écran blanc et fait s’allumer un projecteur suspendu au plafond. Il tend une feuille de papier vierge à Henry.

« Si vous signez cette feuille, vous vous engagez à ne jamais révéler ce que vous êtes sur le point d’apprendre. »

Henry, lança un regard de gamin dubitatif, il ne comprenait absolument rien à ce qu’il se passait, mais son instinct le poussa à signer. Il signe. François se lève et s’avance pour se mettre devant l’écran blanc, il lance son diaporama, une image de la galaxie s’affiche.

« Il y a 55 ans, en 1956, un objet volant de type indéterminé à traverser notre atmosphère à une vitesse 148 km/min, ce qui est, vous l’admettrez plutôt rapide. Différents clichés pris à partir de quatre observatoire différents dispersé dans l’hémisphère sud nous ont montré que cet engin n’était pas un corps céleste à trajectoire aléatoire, mais bien un corps assemblé de manière à posséder une certaine inertie dans toutes formes d’espace lacuneux. Vous comprenez, bien entendu, que je parle de ce que l’on appelle vulgairement un OVNI. Nos études nous ont mené à pensé qu’il existait donc une vie extraterrestre. L’année suivante, en 1957, trois engins de ce types ont survolés l’Afrique centrale durant la nuit du 4 au 5 Août entre 01h02 et 01h27, soit pendant une durée de 25 minutes environs. Invisibles à l’oeil nu de par l’obscurité de cette nuit, nous les avons repéré par un balayage infrarouge et avons lancé un message radio sur plus de 290 fréquences. »

Henry était sidéré par ce qu’il apprenait. La surprise l’empêchait de dire le moindre mot.

« Nous leur avons envoyé un message Alteronique, c’est à dire un code informatique complexe composé d’une matrice à multiples pulsions, composées des caractères 0, 1, 2 et 33. Le message exact envoyé est le suivant 2201220331233233331000. Ce qui se traduit en langage binaire par une suite de 70 452 000 enchainements numériques et ce, dans l’optique de communiquer un concept et non une phrase. Ce concept nous l’avons nommé « WAY » : Who Are You ? C’est à dire, Qui Êtes Vous ? mais je suppose que aviez compris cela. Il ne laisse pas le temps à Henry de répondre. Mais la complexité de ce message ne réside pas en son caractère quantitatif numérique, mais plutôt en la diversité des concepts qu’il peut transmettre. En effet, le « WAY » peut aussi être compris « Why Are You ? », c’est à dire Pourquoi Êtes Vous ? Ce qui peut être compris en « Pourquoi êtes vous là ? ». Il s’arrête un instant, pour reprendre son souffle et passer à la diapo suivante; un enchainement de chiffre. Ils nous ont répondus. Le message que nous avons reçu en tout premier est le suivant 33102332020201010233, soit un enchainement binaire de 64 000 121 chiffres. Il nous aura fallu plus de 8 jours pour le décrypter et voici quelle était sa signification : « Autre Fréquence Vous 1145 ». Nous n’avons pas compris immédiatement, mais lorsque nous avons observé les bouleversement des ondes radios dans le ciel de l’Afrique centrale, nous avons compris qu’ils usaient d’une autre fréquence de type 1.1.4.5., fréquence que nous n’utilisons qu’en cas de situation extrêmement critique. Nous avons viré sur cette fréquence et avons reçu deux messages différents : 78787878995474758565 et ABBAB55J555975K. Deux codes que nous ne pouvions pas comprendre car nous ignorions leurs correspondances. Dans le plus grand secret, nous avons fait construire un Observatoire Unique en son genre au sud de la ville de Mombasa dans une zone militaire strictement secrète. En trois ans, deux autres ovnis on visité la terre pendant respectivement treize et sept minutes. Dans les deux cas, les messages dont je vous ait parlé précédemment ont également été envoyé. En 1961, nous leur avons envoyé un message sur leur fréquence leur indiquant que nous n’étions pas capable de décrypter leurs messages. Nous avons reçu une suite de chiffre simplifiée que le président Kennedy s’est empressé de rendre secret. Seul un scientifique, Martin J. Bringings, a été autorisé à travaillé deçu et en onze mois, il est parvenu à le déchiffrer. Il l’a transcrit dans notre langage… et a mis fin à ses jours. Le président JF Kennedy fut le second homme à lire le message, il fut d’ailleurs le dernier. Deux ans plus tard, il décida de réunir les présidents des Etats les plus puissants du monde, y compris ceux du bloc soviétique afin de dévoiler le contenu de ce message et l’existence d’une forme de vie extraterrestre. Il fut abattu, vous le savez, à Dallas juste avant cette réunion secrète. Des rapports d’autopsie secrets et une enquête que nous avons mené nous ont rapporté que l’arme utilisée n’existe pas sur terre, elle répond à un système de fonctionnement à répulsion électromagnétique qui n’existe en aucun exemplaire sur notre planète. Il s’arrête un instant. »

Scotché. Henry n’en croyait pas ses oreilles. Le directeur adjoint lui laissa un instant pour se remettre les idées en place, et après un court moment de répit il reprit :

« Et vous n’avez encore rien entendu. »

Les yeux du jeune étudiants s’écarquillèrent.

To be continued… (héhé ! j’ai toujours rêvé de faire ça !)

Publicités

Faîtes des études…

L’atmosphère puante de la fin d’été, une trop grande salle de classe écrasée sous la chaleur du début d’après midi, une voix monotone et lointaine berçant (ou pas) les esprits, un tas difforme d’élèves affalés sur d’inconfortables chaises, qui baillent après avoir trop mangé, un stylo entre deux doigts bouffis, à moitié posés sur des feuilles presque vierges, qui méritaient de plus grands mots… Ah… Douce rentrée des classes, tu ne m’avais pas manqué.

Entre deux lointaines et évasives pensées je remet en question la raison pour laquelle je fait parti de ce tas… Ah oui… Il paraît que cela faut mieux d’être chômeur avec un bac+5 que chômeur avec rien.

À ce stade, la question ne se pose plus, fonçons tous faire des études, donnons nos plus belles années à une institution dépassée. Sacrifions la folle jeunesse pour se traîner fébrilement de partiels en partiels, histoire de pimenter nos vies déjà trop étouffées par la société de consommation. Tous cela pour sortir du cocon d’étudiant à vingt-sept ans, tous duveteux tel un vieil oisillon tombé du nid, mais couvert de diplômes très impressionnants qui ne servent franchement qu’à épater la voisine de votre grand mère quand elle descend la poubelle en chaussons et peignoir rose.

Une promotion de nouveaux bacheliers primo entrant en fac… « Diplôôôôôôme »

Mais au moins l’honneur est sauf, je pourrais dire fièrement à ma progéniture dégénérée : « Certes maman ne vous nourrit pas ! Mais elle, au moins, elle a son master ! ». Voilà qui force le respect !

Comme si la situation n’était pas assez déprimante il faut toujours qu’une personne de la génération au dessus de la votre en rajoute une couche : « Et si tu cherchais du travail, tu pourrais avoir un autre moyen de revenu que la bourse ! ». Il faut ici opérer une certaine traduction, le sens de la phrase vous apparaitra alors très clairement : « Bon, tu vas bouger ton petit cul de jeune, l’état va pas te nourrir toute ta vie. Moi, à ton âge, j’aurais eu honte de me faire entretenir aux frais de la princesse ! ». Nous précisons ici que c’est exactement le même adulte qui vous avait pris la tête quelques temps plus tôt avec des phrases du genre : « Faut faire des études de nos jours, pour être au dessus de tout ces salauds de patrons… ».

Maintenant il faudrait savoir : soit on les fait, vos études, soit on se fait encore plus avoir que vous sur le plan social. Et puis oui je veux bien chercher du travail, mais allez savoir pourquoi, au lieu de mettre six ans à faire un cursus universitaire et sortir tout frais et plein d’espoir à vingt-six ans dans le monde cruel et diabolique du travail, j’en sortirais à trente cinq complètement névrosée de part la conscience d’avoir gâcher la plus belle moitié de ma vie pour être au chômage.

Et, en plus, il faudrait avoir un esprit aussi éclairé que le vôtre (chers amis adultes râleurs) sur le plan politique, et s’occuper des problèmes que vous jugez être ceux des vrais adultes. Ce qui nous place donc dans la case ingrate et dégradante de grands enfants coincés dans le monde des bizounours (selon vous cher adultes, soyons d’accord) mais avec des corps de grands dadets… Tout cela parce que nous ne discutons pas, avec un immense intérêt, du travail et des problèmes sociaux de ce pays qui vous exploitent. Et ce, pour la simple et bonne raison que nous n’en avons pas le temps ni l’envie après certains jours particulièrement longs, parsemés de cours compliqués dont vous n’avez même pas la plus petite idée. Après cela nous préférons, il est vrai, regarder des séries télévisées, de préférence aussi complexe que vos séries politiques, et auxquelles vous ne comprenez strictement rien, ces dernières n’étant destinées qu’à vider nos cerveaux spongieux et dégoulinant de connaissances grasses et flasques. C’est ça ou les jeux vidéos, un autre truc que vous ne comprendrez jamais d’ailleurs.

Et l’arnaque ne s’arrête pas là : il y a une chose encore plus exubérante dans cette histoire ! Il ne faut en aucun cas essayer de caser ne serait ce que la plus petite notion apprise à la fac dans une conversation de tous les jours avec un adulte du type précédemment évoqué : il risquerait de vous traiter d’intellectuel qui n’apprend des choses que dans le but ultime d’épater les autres et de les abaisser… Celui qui vous a poussé à faire des études, sans même savoir en quoi elle consistait, ne veux pas entendre parler des choses que vous avez apprises, et qu’il ne sait pas, parce qu’il se sent tout à coups démuni. Intéressant non ?

Ce qu’il y a aussi de très intéressant dans le monde de l’université, c’est l’impressionnant panel de personnes qui le compose en matière d’élève.

Je vais commencer par l’alien de base : premièrement ce type d’étudiant a pour particularité de venir en cours sans sac, ni pochette, ni trieur, ni rien… À coté de cela, vous et votre sac à bandoulière légèrement bombé, avez l’air d’un marines partant pour une mission au Vietnam. Il vient les mains dans les poches, sans même un stylo. Parfois, si ! Avec, LE vieux stylo tout dégommé lequel n’est plus composé que de sa mine. Pour faire une autre comparaison, votre trousse à l’air d’un kit de survie en milieu polaire et hostile. La feuille ? Eh bien ce sont ses camarades qui la lui fournisse. En fait, personne ne remarque qu’il n’en a jamais, puisqu’il rackette un étudiant différent à chaque fois. C’est qu’il est tout de même intelligent l’animal !

Il y a ensuite un autre type d’étudiant passionnant : alors que tout ses petits camarades prennent des notes fébrilement en vue de l’examen dans le stress permanent de ne pas pouvoir en prendre assez, cette catégorie d’étudiant ne sort même pas de feuille. Il se contente d’écouter, et puis c’est tout. Toute l’année vous l’observez, le nez en l’air, en vous disant qu’il n’arrivera sûrement pas à valider toute ses matières, mais la fin de l’année vous montre que vous avez eu tord sur toute la ligne : non seulement il valide tout, mais avec de meilleures notes que vous… Oui vous, vous qui aviez écrit l’équivalent de deux tomes de Jules Verne réunis. La vie est une injustice permanente, vous le savez, mais en avoir à ce point la confirmation peut parfois être très traumatisant. Finalement, et faute de ne pas pouvoir faire fusiller ces injustes personnages par vengeance, vous finissez par avoir une totale fascination quant à leurs dons exceptionnels.

Il y a aussi d’autre genres de personnes moins agréables à côtoyer que les deux autres précédemment évoqués. Il y a d’abord celui qui critique en permanence : il remet en question le raisonnement du prof quel qu’il soit et ce dans n’importe quelle situation, aussi bien sur des remarques du genre « Nous pouvons dire que le style wagnériens représente la charnière entre la musique romantique pure et dure et le contexte de la musique contemporaine du siècle à venir », que sur d’autres; « Bonjour à tous nous allons commencer le cours ». Dans ce même panier de personnes désagréables il y a celui qui stresse en permanence : « je te dis que c’est pour aujourd’hui l’interro surprise (eh oui, à la fac aussi il y a des examens entre les partiels) qui va déterminer tout le semestre et qui déterminera aussi le restant de tes jours ! ». Le genre de type aux yeux cernés du fait qu’il vient de passer la nuit à réviser et qu’il trouve qu’il n’en a toujours pas fait assez, ou bien qui pleure parce qu’il n’a eu qu’un 14 dans une matière où la moyenne générale avoisine les 6. Généralement ce type de personne est soit seul, soit en groupe avec d’autres individus aussi stressés que lui. J’ai tout de même quelque chose à confesser ici : nous retrouvons en nous des éléments issus de tous les groupes évoqués ci-dessus. Mais les extrêmes existent, ne l’oublions pas.

Sur ces mots, l’étudiante en musicologie que je suis se remet au travail (note de l’éditeur : « se remet au travail » = « va se coucher »), il ne fraudait pas louper les examens tout de même ! On ne sait jamais, cela peut éventuellement servir…

(Édité par La Plume, écrit par La Note.)

Alors, tu fais quoi ?

Henry fixe d’un air concentré la vitrine. Il tape machinalement le sol avec la pointe de son pied, se passe sa main sur le front, se mord la lèvre inférieure et tire sur sa chemise pour la réajuster. Il se retourne pour faire face à la rue et se met à penser. « Qu’est ce que je fais alors ? » songe-t-il avant de refaire face à la vitrine. Là, il se décide, une fois pour toute, à rentrer dans l’échoppe. L’odeur de pain chaud le met à l’aise et il sent ses épaules se décontracter. Une dame demande une baguette à la boulangère alors que Henry se rapproche du présentoir pour faire son choix. L’éclair au chocolat le tente, mais il se ravise en apercevant une magnifique torsade qui semble l’appeler de tout son corps de petite viennoiserie. Alors qu’il est décidé et que la dame s’en va, la boulangère pose la fatidique question;

« Qu’est ce que ce sera pour vous monsieur ? »

Là le monde s’arrête autour de Henry. Il se met à suer et une perle goutte sur sa tempe. Il ne sent plus ses jambes. Est-ce le bon choix, cette torsade n’a-t-elle par pourri, ne va-t-il pas ensuite mourir d’une intoxication alimentaire inopportune ? Il aurait souhaité qu’un homme aux airs de fous débarque de nul part pour lui dire de ne pas faire ça en lui expliquant ce qu’il risquait de lui arriver. Mais il n’en était rien, et il ignorait même d’où lui venait cette pensée, peut-être d’un univers parallèle où sa vie était différente.

Bref, Henry ne sait pas quoi faire, il est coincé face à son destin. C’est alors que cette part de fondant au chocolat apparaît, nichée derrière un troupeau de muffins aux raisins secs. Ses yeux s’écarquillent, un halo de lumière semble entourer cette chose qui s’avère être la rédemptrice de Henry. La dame, qui s’impatiente, reprend :

« Votre choix est fait ? »

Non ! Elle a dit le mot choix, le mot interdit ! La bougresse ! La démone, succube des entrailles de Gaïa ! Comment a-t-elle pu, avec tant d’imprudence, prononcer ce mot maudit ! Le choix, Henry déteste faire des choix, mais Henry, à se moment ne se doute pas qu’il s’apprête à faire le plus grand choix de sa vie. Il prends donc finalement la part de fondant, paye et remercie la boulangère en la saluant, lorsqu’il se retourne, il apperçoit un homme en costard qui entre. Sans y prêter attention, il sort et se dirige vers le parc, pour se détendre avant d’avoir ses résultats.

____________________________________________________________________

Dans notre vie, nous avons tous fait des choix, nous en faisons encore, et moult choix sont à venir. La vie en est un perpétuel ! Vous choisissez de vivre à chaque fois que vous inspirez puis expirez. Sans vous en rendre compte, hein. Mais il y a différents types de choix. Oui j’ai longuement étudié la chose, et celui qui a inventé les choix devait être un sacré vicieux, le bougre ! Le mécréant, le vil poltron ! Quelle vipère des marais ! Non mais tout de même, restons poli.

Il y a donc, les Choix Tranquillous, que l’on appèlera également CT. Non attendez, je ne parle pas des CT de Pokémon, hein. Je ne parle pas de la Capsule Secrète Fatal-Foudre, que l’on trouve dans la centrale électrique, près de Carmin-Sur-Mer dans les versions rouge et bleu ! Moi ? Non je n’ai jamais connu ce jeu de canaille ! Et je n’y ait jamais touché ! (Notre détecteur de Grippeminaud est saturé.). Bref, les Choix Tranquillous sont ceux que l’on effectue, vous l’aurez compris, sans aucune difficulté. Ce sont les choix bidons qui sont faits sans même que l’on s’en aperçoive ! Genre, respirer, c’est un choix Tranquillou, choisir entre manger pizza ou mcdo, c’est tranquillou, choisir la façon dont on se débarrassera du corps de Mamie après l’avoir violemment étrangler pour hériter plus rapidement, c’est aussi un choix tranquillou… (ah non ?).

En second lieu, il y a les Choix Chiants, (CC) qui sont composés de petits choix peu conséquents mais qui ont cette énervante capacité de nous faire galérer le moment venu : « Qu’est ce que je fais, j’emmène un DVD chez Robert ? Imagine si on s’ennuie, je pourrais au moins détendre l’ambiance et passer pour le sauveur si sa soirée foire ! Rrraaah, mais il pourrait mal le prendre si je me pointais avec une roue de secours. » Ou encore : « Bon, le chocolat Lindt 60% pur cacao avec éclats de cacahuète du Burkina Faso et son cœur léger et onctueux de caramel ? Ou la tablette Milka avec des éclats de noisettes, parsemée de zeste d’orange de Floride ? »… Le genre de choix peu important mais sur lequel on passe plusieurs longues minutes à débattre avec son soi-même. Et puis dans cette même catégorie se rangent les choix chiants que l’on doit prendre pour faire plaisir aux autres, pour ne pas passer pour un radin, ou pour tout simplement, ne pas se retrouver dans la mouise alors qu’on aurait préféré l’autre alternative (malgré ses conséquences, vous me suivez ?).

Et puis, il y a les Choix Totalement Vitaux Car la Société te Harcèle Constamment à Leur Propos, que l’on abrègera en CTVCSHCLP, ou CTVS. C’est le genre de choix qui se définit par… « Ok, tu vas avoir ton bac dans six mois, c’est bien petit, MAIS APRÈS ? TU FERAS QUOI ? TU DOIS CHOISIR CE QUE TU VA FAIRE JUSQU’À TA MORT ! C’EST ABSOLUMENT VITAL ET NÉCESSAIRE SINON TU RISQUE DE TE FAIRE DÉVORER PAR UN PALMIER CARNIVORE DE PAPOUASIE ! » Oui, on écrit en majuscule pour exagérer la gravité de la situation. Ce genre de choix auquel on a jamais envie de penser parce qu’on a aucune foutue idée de ce que l’on va répondre ! Mec, tu me demandes, à 17 balais, de te dire ce que je veux faire pendant le reste de ma vie. Donc je dois me préparer psychologiquement à faire des études centrées sur un domaine, que je ne quitterais ensuite jamais ! En gros tu me demande de choisir entre m’asseoir dans un bocal de cornichon pour ensuite mariner éternellement dedans, ou me confiner dans un placard à balais pour décéder dans la poussière et l’ombre ? (ceci est un exemple). Mec, tu as choisi, toi, d’être le type qui poserais cette question à des milliers de jeunes ? Parce que dans ce cas, tu fais des choix bizarre.

« Oh ouais ! Plus tard, je veux faire stresser des gamins en leur faisant faire des choix cruciaux alors qu’ils ne connaissent rien du monde ! Ahah, qu’est ce que c’est bon d’être méchant ! »

Je ne cerne point la logique, messire. Puissiez vous trouvez la paix lorsque viendra le jour où vous vous reposerez des efforts fournis durant votre vie. Oui parce que ça marche comme ça, hein. On fait un choix, on souffre de ce choix, on se repose de ce choix, on s’endort, et on ne se réveille plus. C’est triste la vie.

Bon, allez, je fais le choix d’aller m’emmitoufler dans les abysses de mon lit, je vais m’enrouler dans mes draps pour y régner en Dieu des Coussins. Après tout, ne suis-je pas l’utilisateur de la Plume ? Ne suis-je pas un Plumard ? (je devais placer ce jeu de mot).

Tchou, Ciaô, Bye !

Les Chats.

Les chats sont des animaux de tous les jours auxquels on a finit par ne plus faire attention. Cinem’Art, dans le nouvel épisode que voici (le premier d’une nouvelle collection où nous adoptons un style nouveau) a décidé de faire de ces flemmards leur star. La prochaine vidéo devrait paraître en fin de semaine si tout se passe comme prévu ! N’hésitez pas partager la vidéo ! Enfin je ne vous force absolument pas, je dis juste que si vous le faites pas, vous risquez de vous réveiller dans un igloo radioactif sur un site classé top secret par les forces de sécurité nucléaire de Sibérie. Donc, je dis ça, c’est pour vous hein =) !

Le Résultat.

Un soleil radieux surplombe le parc. Assis sur un banc en bois, Henry a les yeux vitreux, il observe les alentours, pensif. Comme s’il était envoûté par quelque étrange sort. Mais il n’en est rien, Henry est tout simplement fatigué, voilà cinq ans maintenant, qu’il étudie à la Faculté des Sciences Élémentaires des Espaces et des Dimensions Atomique et Mécaniques. Bien que doué, Henry rencontre de larges difficultés au cours de ses études. Aujourd’hui il attend patiemment qu’il soit quinze heures, le moment où les résultats seront affichés, le moment où il saura ce qu’il vaut.

Bien sûr, Henry se met énormément de pression, il a très peur d’échouer car il a l’intime conviction qu’il joue son destin. Il regarde sa montre, elle lui indique qu’il n’est que treize heures et douze minutes. Alors qu’il relève les yeux, il aperçoit une ravissante jeune femme aux longs cheveux roux qui marche vers la sortie du parc. Elle lui lance un bref regard, puis disparaît derrière les grilles.

Henry songe à son passé, il se souvient de cette époque où, fasciné par les ordinateurs, il y passait ses journées, à surfer sur les Défunts Skyblog et compagnie… Un temps aujourd’hui révolu, maintenant Henry se consacre à la science, le but de sa vie. Un homme en costard noir s’approche et s’assoit non loin de lui, un instant passe, et l’homme se penche vers Henry :

« – Vous êtes reçu. Annonce le type en costume.

– Pardon ? Henry se retourne et fixe le personnage avec surprise.

– Vous êtes reçu, vous avez obtenu votre Examen avec succès, félicitations. Rétorque l’homme.

– Mais, enfin ! Qui êtes-vous ? Henry, les yeux écarquillés, n’est pas sûr de comprendre.

– François Gardier, Directeur-Adjoint du Service de Recherche Exobiologique du CIES, annonce hiératiquement l’homme.

– Le CIES ? interroge Henry.

– Oui, le Centre International d’Étude Spatiale, tenez voici notre carte. Il lui tends une carte de visite. »

Incertain, Henry saisit finalement la carte et l’observe, « François H. Gardier, Directeur Adjoint du Service de Recherche Exobiologique du CIES, Chef de conférence au congrès des Laboratoires d’Europe et Vice-Président de l’association de recherche SPACE HAS NO BORDER. Un nom étrange pour une association. Henry relève les yeux lorsque son interlocuteur lui murmure quelques mots.

« – Contactez moi dans la semaine à venir, nous serions ravis que vous participiez à nos recherches Monsieur Greystone. Il connaissait le nom de Henry.

– Pourquoi moi ? Répondit Henry, dépassé par la nouvelle.

– Parce que vos résultats sont exceptionnels à l’examen bien sûr et nous souhaiterions que vous fassiez votre thèse en travaillant pour nous, j’ose imaginer que vous réfléchirez sérieusement à cette offre. L’homme se mit à sourire, se leva, serra la main à Henry, et partit. »

Alors qu’il s’éloignait, Henry s’attela à le dépeindre. Il était plutôt grand, un mètre quatre vingt, tout au plus. Il avait les cheveux blonds et cours et des yeux bleus perçants cachés derrière ses lunettes noires. Il était large d’épaule et semblait plutôt musclé sous son uniforme de bureaucrate. Henry baissa les yeux et fixa le sol, il n’en croyait pas ses oreilles.

Vint l’heure des résultats, lorsqu’il vit le panneau d’affichage, il était inscrit : Admis avec un Sans Faute Remarquable, Mention Excellent, poste éventuel au CIES.

Henry est stupéfié.

Oh My Blog !

Une goutte de sueur perle lentement sur le front de Henry. Il fixe l’ écran de son ordinateur avec anxiété. Autour de lui, le silence est lourd et pesant et la pièce est noyée dans une dévorante pénombre. Seule la lumière artificielle qui émane de son ordinateur éclaire vaguement les lieux.

Le temps passe et Henry commence à s’inquiéter sincèrement, rien ne change sur son écran, cela fait trois minutes qu’il n’a pas touché à son clavier ou à sa souris. Il se mord la lèvre inférieure, regarde machinalement sa montre et remue nerveusement son genoux. Toujours rien. Dans un espoir irrationnel, Henry actualise sa page, mais non, rien n’y fait. Il n’a bel et bien pas reçu de nouveau commentaire depuis plus de quatre minutes et vingt six secondes, soit deux cent soixante six secondes, sur son blog. Impossible ! Comment cela se pourrait-ce ? Peut-être est-il arrivé quelque chose à ses amis, songe-t-il. Alors il vérifie sa liste d’amis connectés, ils sont toujours là. Mais pourquoi ne postent-ils pas de commentaires ?

Sept minutes ont passées, c’en est trop, Henry doit vérifier que le site qui héberge son blog fonctionne toujours. Pour cela, il se rends sur la page d’accueil de l’hébergeur, Skyblog, et rive ses deux yeux sur le compteur « Nombre de SkyBlogs : 342.677.398 » …

Henry ferme les yeux, une seconde passe, puis il les rouvre. « Nombre de SkyBlogs : 347.112.214 » …  cinq millions de blogs ont été créés en l’espace d’une seconde. Oui, le rythme cardio-blogal du site est stable, tout va bien, mais alors pourquoi ? Pourquoi ne reçoit-il pas de commentaires sur son article où il affiche une nouvelle photo de lui sur le banc du collège avec Giselle ? Pourquoi depuis onze minutes, maintenant, tous ses amis semblent l’ignorer ? Où donc sont passées les belles années où, à peine un article était-il posté, qu’il recevait déjà les commentaires par dizaines ?

Henry ne s’en doute pas. Mais il assiste au début de la lente chute du Puissant Skyblog vers l’oubli et la perte. Cette chute ? C’est très simple, c’est l’œuvre d’un nouvel arrivant, un être démoniaque, manipulateur, calculateur, puissant, vicieux et tout à fait insoupçonné. Faciaes Biblis, ou plus communément appelé FaceBook, est né. Alors l’homme, parce qu’il n’a pas perdu son instinct primitif, fait comme les oiseaux, il migre et s’adapte à un nouveau climat, à un nouvel environnement.

Hélas, Henry réalisera plus tard que tout avait été programmé, que Skyblog avait été créé pour sombrer, et que FaceBook allait en faire de même. C’était Skynet qui serait le prochain, la suite, vous la connaissez. Ja ?

__________________________________________________________________

Hum, Hum. Intéressant. Vous avez tous connus l’ère des Skyblog (puis Skyrock), allez, avouez, on en a tous eut un, non ? Personnellement, lorsque je regarde en arrière, j’ai honte et j’ai peur. Aujourd’hui le terme de « Blog » a été transformé, torturé et modifié par le culte que l’on vouait autrefois aux Skys. C’est pourquoi je trouve tout à fait noble de créer un « blog » pour faire autre chose que simplement mettre des photos de soi même en racontant « qu’on kiffe trop Lorie ». Oui car après tout, n’oublions pas que ceci, je veux dire La Plume, est un « blog ».

Ah mais je vous arrête tout de suite, j’ai décidé, en tant qu’Empereur Suprême Auto-Proclamé de tout Internet, qu’ici, on ne dirait plus Blog, mais… « INPE » ou « Inpe ». Autrement dit, Interface Numérique de Partage et d’Expression, c’est sympa non ? C’est un concept, à vous de l’aimer ou pas. (mais de préférence, aimez le).

Mais Inpe et Blog, c’est la même chose, ça a le même but, ça revient au même, pourquoi vouloir changer ?

Parce que. Car. Because. Weil. Golf. Train. Bananes. On s’égare, non ? Sérieusement, pourquoi je choisis de changer l’appellation ? Eh bien, je trouve cela amusant, et en plus, ça ajoute une touche personnelle à ce Bl… je veux dire, à cet Inpe ! Après ça n’est qu’un détail, un tout petit détail parmi tant d’autre. Et on pourra se dire qu’il est possible de l’omettre tant il est insignifiant.

Tiens mais… Prenez une plume, toute seule, c’est un petit détail insignifiant. Mais sans elle, l’oiseau ne peut pas voler. À méditer. Ou pas, c’est vous qui voyez.

Allez, Tchou, Ciaô, Bye.

Le Cube Pétillant.


Le Cube Pétillant, Blog BD d’Eiléma.

Hum… Oui oui, il est temps de prendre votre bain. Mais pas n’importe quel bain, il s’agit là d’un bain d’humour. Oui oui ! Un vrai bain d’humour vous dis-je ! Allez les enfants glissez vous dans cette eau chaude et apaisante, laissez vous bercer par le son de l’eau qui s’écoule. Écoutez le mélodieux « ploc, ploc » que fait votre lézard de Papouasie orientale domestique qui tente d’attraper cette immense araignée en décrépitude qui flotte à la surface de l’eau. Et surtout laissez vous submergez par les bubulles…

Ce sont CES bubulles ! Attention, on ne plaisante pas avec les bubulles d’Eiléma, dessinatrice de talent à l’avenir prometteur. Cette dernière a choisit un nom plein de sens pour son interface numérique personnelle. Oui Le Cube Pétillant, mais pour comprendre ce choix, je ne peux que vous inviter à vous y rendre. Outre cet aspect comique et surprenant, le cube pétillant cache de nombreuses facettes philosophiquement très profondes et impalpables. Mais est-ce prudent de s’attarder sur une telle analyse ? Peut-être que non.

Eiléma dessine depuis le début de son adolescence. Mais attention, il ne s’agit pas de ce dessin difforme que nous faisons étant jeunes et qui représente vaguement une maison devant laquelle se tiennent Papa et Maman (ou Yéti et Cruella selon les points de vues), non non, ici, nous entrons dans le 9ème art, celui de la Bande Dessinée.

Influencée par les arts graphiques japonais, communément appelés Manga, Eiléma se sert de manière audacieuse des procédés de cet univers tout en les alliant subtilement au style de bande dessiné européen. Cette heureuse recette, parsemée d’humour comme on l’aime et de petites anecdotes personnelles, rends les dessins d’Eiléma frais et agréables. En effet, confrontée à des situations de tous les jours qui nous sont si familière, Eiléma qui se représente dans sa première BD : Des Petites Histoires, en devient touchante. Du Café du matin jusqu’à l’éprouvante épreuve du rhume des foins, vous retrouverez dans cette BD tous les petits plaisirs et les petits malheurs de la vie, et c’est pour ça que ça nous plait, on se sent concerné, tout simplement.

Les (més)Aventures d’Eiléma, des Petites Histoires, c’est par ici pour la BD, ou par là pour la version PDF en téléchargement !

Et le Blog du Cube Pétillant, vous attends !

Un régal pour les yeux et pour l’esprit, Bonne Lecture !

Allez, Tchou, Ciaô, Bye.